La réforme des collèges 15


Veuillez nous excuser pour les formulations de phrase alambiquées, ce texte a été écrit très vite et par quelqu’un de surtout rationnel, pas littéraire ! Accrochez vous à la lecture, merci !

Pour ceux qui ne veulent pas lire l’analyse du contexte que nous pensons nécessaire, veuillez passer directement à la deuxième partie de cet article : “Que devrait contenir la réforme ?”, ou à la troisième partie :” Pourquoi la réforme ne nous convient pas ?”

Pour être plus précis, on devrait évoquer la réforme des collèges d’une part et la réforme des programmes d’autre part. Car en fait, ce sont 2 réformes qui s’entrechoquent.

Nous allons cependant évoquer les deux dans un même article, car les conséquences sont liées au fait qu’elles soient menées de front.

La réforme des collèges introduit de nouveaux cycles tout d’abord. Cela a été amorcé avant et se traduit par le fait que l’année de 6ème rentre maintenant dans le cycle 3 avec le CM1 et le CM2. L’année de sixième sera bien dispensée au collège mais la différence s’effectue donc sur le fait que les programmes constitués par cycle seront désormais dans la continuité du CM1 /CM2. Dire, désormais, est cependant faux, car, bien évidemment, l’Education Nationale et les enseignants avaient déjà à coeur une certaine continuité. D’ailleurs, depuis peu, était apparue une “liaison école collège” s’inscrivant dans la volonté de faciliter le passage au collège, et qui trouve, cependant, des difficultés nombreuses, dans sa mise en oeuvre. Comme souvent avec l’Education Nationale, l’intention est louable, l’application beaucoup moins concrète et adaptée au terrain.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, rappelons le contexte. conseillée par une technocratie parisienne suite aux attentats de janvier et à travers une volonté politique également, la Ministre de l’Education annonce fin janvier 11 mesures qui sont des éléments que M. Peillon et M. Hamon avaient déjà initiés et auxquels on prête un sens supplémentaire à travers cette série de mesures. On assoit alors les “Valeurs de la République” pour l’Education Nationale. Sauf que la volonté de réforme du collège, tout comme la réforme des programmes, est dans les tuyaux avant janvier dernier. Mais ce n’est pas grave, le sens politique se mêle au sens pratique de ceux qui veulent les réformes, alors laissons faire, si cela va dans le bon sens, pourquoi pas. Sauf que, dans les faits, quelle est la réalité de cette réforme : LIMITER LES COUTS. Et oui, l’enjeu comme souvent, est de réduire la dépense, comment faire mieux avec moins de moyens ? L’intention est louable pour le contribuable mais les résultats seront-ils là, ne va-t-on alors pas aller à l’encontre des valeurs affichées publiquement pour la réforme ? La preuve de cette mascarade c’est que vous retrouvez pêle-mêle dans les 11 mesures des décrets et circulaires datant de 2013 et 2014 réalisés par les Ministres de l’Education précédents.

Ensuite, comment fait-on pour cacher tout cela, faire que le sens affiché paraisse bien comme celui recherché ? On prend des spécialistes convaincus qu’il faut réformer les programmes et des spécialistes convaincus qu’il faut réformer le collège. On les fait travailler conjointement et on récupère leurs résultats, on se les approprie, et on construit son argumentaire à partir de leurs travaux, en les ayant guidés un peu pour pouvoir juste préparer la communication autour.

Pour la fédération de parents, vous lui donnez quelques gages, vous les incluez dans les groupes d’experts, comme ils le demandent depuis longtemps et après, comment vont-ils alors critiquer leurs propres contributions ? Enfin, ils ont quelques revendications spécifiques, on les écoute, on regarde ce qu’ils veulent réellement, on les renvoie dans des études supplémentaires qu’on ne tranchera qu’après la réforme.

Sur le fond, la réforme des Collèges est nécessaire et depuis longtemps. Mais cette réforme, elle, ne répond pas au besoin des collégiens.

Le constat du collège, surtout en milieu rural, celui que nous maîtrisons, celui auquel sont confrontés nos enfants et nos adhérents, on remarque une inadéquation flagrante entre les annonces et les moyens mis en oeuvre. Le milieu rural n’est pas un contexte connu des technocrates parisiens, c’est ce qui fait qu’ils se fourvoient tout en pouvant rester tout à fait honnêtes et persuadés des bienfaits de leurs réformes. Car le problème est bien là, pour la grande majorité, tout le monde est de bonne foi et défend ses idées fortement, utilisent des artifices divers pour ce qu’ils croient être mieux pour les enfants.
Si on en revient à notre constat, on observe plusieurs phénomènes :
– les collégiens ne sont pas tous égaux devant les apprentissages,
– et les parents considèrent de plus en plus que le simple fait de laisser leur enfant à l’école suffit à le faire apprendre.
– Certains parents plus avisés contrent “l’inefficacité” du système unique par des cours particuliers, par une scolarité dans des collèges privés où le soutien est assuré après les cours… Mais cela n’est pas accessible à tous.
– L’administration des collèges et les instances locales de l’éducation, sont plutôt éloignées des réalités du terrain, et commandent de plus en plus de rapports et de travaux administratifs aux enseignants, parfois d’ailleurs, suite au besoin de justification envers les parents élus dont nous faisons partie.

Que devrait contenir la réforme, alors ?

Il y a donc peut-être 3 axes qu’il aurait fallu étudier :
– N’avons nous pas atteint les limites du collège unique ou comment aider plus les élèves en difficulté ?
– Comment faire pour que la mixité sociale soit bien réelle en évitant les fuites des enfants dont les parents ont les moyens ?
– Comment rapprocher une administration des objectifs du terrain et s’arranger pour obtenir une gestion plus fluide ?

Cela aurait été intéressant d’avoir une réforme posée sous ces termes. Vous nous rétorqueriez alors, les Valeurs de la République, où sont-elles ? On vous répondrait, c’est bien dans les programmes qu’il faut s’assurer de les renforcer tout en ayant bien conscience de ce qui existe déjà. Une vraie analyse aurait été primordiale et cela rentre donc dans le cadre de la réforme des programmes. Cette analyse a été faite par les membres du Conseil Supérieur de l’Education, elle n’est juste pas communiquée et surtout elle est dévoyée par les politiques qui exploitent ensuite le filon pour justifier leur réforme. Ils considèrent en simplifiant, que rien n’existait avant eux. Enfin, les membres du Conseil Supérieur des Programmes évoluent aussi dans notre société et comprennent bien les nécessités de réaffirmer certains piliers, pas la peine d’en faire beaucoup plus. Quelques actions symboliques venant d’ailleurs renforcer cela avec la journée de la laïcité par exemple, et l’affirmation des valeurs chères à notre fédération et à notre République est réelle. Laissons ensuite les enseignants s’emparer des problématiques.

Pour le premier axe évoqué plus haut, il est évident que tous les enfants n’ont pas les mêmes facultés. Notre société confond très souvent “égalité des chances”, et “équité de traitement”. L’égalité, c’est payer en Meuse le même impôt qu’à Paris Centre. L’équité, c’est de pouvoir accéder aux mêmes services publics en Meuse qu’à Paris Centre. Le collège unique entraîne un traitement unique, est-ce là une égalité des chances ? S’obstiner dans un domaine, ou dans une voie, c’est avant tout manquer de réalisme et de pragmatisme. Il est nécessaire de se rendre compte qu’à l’adolescence c’est encore tôt pour s’enfermer dans une carrière, pour autant, les premiers enseignements du primaire ont déjà permis de dégager de grandes tendances sur les volontés, les capacités de travail, de compréhension, … de chacun. Il faut donc commencer des différenciations d’apprentissage au cours du collège, avec de grandes tendances, pour les futurs emplois des enfants devenus adultes. L’égalité des chances, est-ce de permettre à tous d’acquérir le même savoir ou leur permettre à tous de réussir leur vie (personnelle et professionnelle) ? Alors, à partir de là, il faut une équité dans l’évaluation des orientations, une équité dans les moyens engagés pour que chacun puisse avoir sa voie professionnelle, mais pas une égalité de traitement ! En cela, il faut reconnaître une vertu à cette réforme, les élèves bénéficient d’avantage d’heures sans cours mais avec des adultes les aidant dans leurs apprentissages, des heures de soutien. C’est le seul avantage trouvé dans cette réforme concernant cet axe.

Pour le second axe, il faudrait déjà que l’enseignement privé, s’il perdure, soit soumis aux mêmes règles que le public. Qu’il ne soit pas en droit d’appliquer qu’une partie des réformes, qu’il ne soit pas autorisé à proposer mieux que le public. Mais là, si on compare cela à une inondation, on ne fait qu’écoper dans l’Education Nationale, on n’a pas réparé la fuite. Pour réparer la fuite, il faut être capable de faire vivre la mixité, il faut être capable de proposer l’épanouissement de TOUS les enfants à travers l’école. C’est donc le recours à des enseignements complémentaires, qui permet de faire vivre un tronc commun. La réforme décide de traiter la mixité en occultant complètement la réaction obligatoire de rejet inhérente aux moyens qu’elle met en place. Enfin, concernant cet axe, l’analyse gouvernementale est encore moins valable dans les secteurs ruraux comme le nôtre. Quand vous croisez les problèmes de transport aux problèmes liés à l’absence d’options dans chaque collège ou des modules d’EPI que vous voulez voir traiter, c’est encore pire. Si on évoque cela dans nos petits collèges meusiens alors c’est juste la disparition d’options quasiment partout avec aucune vision à longue échéance possible sur le maintien d’une éventuelle option existante.

Pour le troisième axe, loin d’être des singes savants, nous considérons qu’il serait nécessaire d’écouter les enseignants sur les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien, afin de faciliter leurs heures de présence devant élèves. Dans un hôpital, cela fait des années qu’il y a un système d’appel malade qui permet aux malades d’appeler l’infirmière depuis sa chambre dès qu’il a un problème. Pourquoi, n’existe-t-il pas un système d’appel de surveillants lorsqu’il faut conduire un élève à l’administration, à l’infirmerie ou même aux toilettes ? C’est une idée simple qui se veut pratique mais qui n’est pas du tout dans les moeurs parce que le dialogue n’existe pas sur ces sujets, parce que les recherches d’information ne se pratiquent pas dans ce sens. Le sens existant est comment l’administration va pouvoir récupérer l’information qui lui est nécessaire afin de gérer au mieux ses dotations par exemple, et non pas comment l’enseignant peut-être aidé pour améliorer sa pratique pédagogique ? Il y a là, un vrai dévoiement des moyens administratifs qui nourrissent des statistiques, des enquêtes, parfois en double d’ailleurs, mais qui ne sert que trop peu les adultes devant élèves.

Alors, bien évidemment, le conseil départemental que nous sommes ne peut certainement pas tout voir et proposer une réforme constructive complète du collège mais on peut déjà expliquer la méthodologie qu’on aimerait y voir et il est certainement déplorable de ne pas voir cette réforme capable de lever des sujets de fond et surtout sous des apparences trompeuses être plus destructrice qu’avantageuse.

Pourquoi la réforme ne nous convient pas ?

Cette réforme est présentée sous des valeurs partagées, la mixité sociale, réaffirmer les valeurs de la République dont la laïcité… Très bien, sauf que, est-ce que les effets qui apparaîtront après cette réforme seront conformes aux attentes ? C’est la vraie question.

Il nous est annoncé plus de libertés pédagogiques pour les enseignants à travers les EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) notamment. Sur cela, notre opinion est mesurée. Si par défaut, l’enseignant évoluant de manière plus libre devrait pouvoir plus facilement créer un climat propice à une meilleure intégration du savoir dispensé, reste qu’il faut aussi certaines conditions et limites qui semblent cependant présentes dans la réforme à travers les thèmes.

Il nous est annoncé des EPI à thèmes (quelques thèmes étudiés aux choix des équipes pédagogiques parmi une liste de thèmes) et donc interdisciplinaires. Le choix risque cependant d’être quelque peu imposé dans les petits collèges ruraux car ils conditionnent les matières et donc les heures à réserver pour les enseignants. En clair, un principal aura tout intérêt à orienter l’équipe pédagogique vers certains EPI pour avoir une dotation horaire permettant d’éviter les compléments de poste provenant d’un autre établissement. En même temps l’Education Nationale fait l’économie de frais de déplacement mais passons, les économies ne sont normalement pas le but annoncé de cette réforme… Les EPI, pour ceux qui connaissent les IDD, c’est un peu l’idée des IDD (Itinéraires De Découvertes) qui est reprise, mais avec des moyens en moins. En effet, les IDD faisaient l’objet d’heures de travail de préparation en commun entre les enseignants, on n’en retrouve pas pour les EPI. Le travail multidisciplinaire semble par contre une très bonne idée, offrir différentes déclinaisons d’un même savoir mais en les reliant de manière plus concrète est certainement plus facile à assimiler pour les élèves.

Sinon, pour ce qui est de l’intégration des langues anciennes, dans le tronc commun et les EPI, et la possibilité pour les établissements de garder une “option” latin ou grec, il semble y avoir quelques pièges. Selon la Ministre, c’est permettre l’enseignement du latin ou du grec pour tous. Une vraie mascarade ! Certains parlent d’enseignement constituant des dispositifs ségrégatifs. Mais arrêtons ! L’option latin est disponible à tous actuellement, dès la cinquième. La vraie problématique, c’est que maintenir cette option partout a un coût, que les professeurs de langues anciennes deviennent des denrées rares, et que le ministère annonce de moins en moins d’élèves dans ces classes. Mais fatalement si l’option disparaît, on forme moins de gens dans ces disciplines, on peut continuer avec la poule et l’oeuf et se demander qui est apparu en premier… Aussi, pour résoudre les problèmes de coûts engendrés par l’enseignement des langues anciennes, la mise en place de l’option ne devient donc plus qu’une question de choix d’établissement dans les 20 % d’heures “laissées” en autonomie, vous savez, les mêmes qui servent déjà un peu pour les EPI. Mais alors, quand va-t-on avoir du latin de proposé ? Et ben vraiment très rarement, mettez vous à la place du principal d’établissement qui peine à trouver un professeur de latin. Là, il n’essayera même plus et pour ceux qui ont la chance d’en avoir un dans son établissement, l’option latin sera sa variable d’ajustement pour avoir des postes complets en français, puisque l’enseignant de latin peut aussi faire du français, ce qui n’est pas vrai dans l’autre sens. Alors, ensuite, pour tordre vite le cou à l’autre idée développée par le ministère : l’enseignement du latin sera effectué en français ou en EPI. Comme si on n’avait jamais pensé que les enseignants pouvaient être à court sur la quantité de choses à faire apprendre au cours d’une année scolaire, jusqu’à maintenant, on avait laissé quelques heures aux professeurs de français pour faire des choses hors programme ! Vous y croyez vous à cette idée ? Non, nous non plus, donc expliquez nous alors comment les programmes vont être repensés pour permettre de renforcer le socle commun (notamment le français) en incluant le latin ! Mascarade et Supercheries ! Enfin, dans nos milieux ruraux, nous avons déjà du mal à avoir des professeurs de français, on est dans un déficit tel, que même la recherche de contractuels est complexe. Croyez vous alors que les principaux vont se compliquer la tâche en rajoutant encore le fait de recruter des postes supplémentaires pour les latinistes ? Voilà, la fin des langues anciennes est annoncée. Le réalisme l’emporte sur les idéaux annoncés, faute de moyens ! Si encore la réforme se posait l’intérêt des langues anciennes et que celle-ci, avaient été supprimées dans un choix réfléchi (et ce n’est pas notre position), on pourrait le comprendre, mais là, on n’assume même pas !
Juste un mot, sur les langues régionales, comme elles sont traitées comme le latin, imaginez un peu, c’est pire encore ! Pour les principaux c’est 20% des heures qui devront couvrir, fromage et dessert en plus du plat principal ! Avons nous l’air de gens aussi crédules ?

Pour les langues vivantes, c’est pire que tout ! On use et abuse des éléments de langage de façon honteuse. On nous dit que les langues LV2 seront en apprentissage plus tôt, à partir de la cinquième. Faux, l’option bilangue était ouverte à tous dès la sixième ! En plus, les heures qui étaient réalisées en quatrième et troisième étaient plus nombreuses (elles sont en fait étalées sur la cinquième avec la réforme). On nous dit que l’on va devoir recruter plus de professeurs d’allemand, puisqu’il va y avoir plus d’heures en sous-entendu, sauf qu’on n’arrive pas à recruter suffisamment de professeur d’allemand ces dernières années dans nos secteurs ruraux, proches de la frontière. On nous dit que la bilangue de “continuité”, va subsister. Mais on se moque vraiment de nous ! La notion de continuité suppose que les élèves du CP au CM2 aient suivi en cours de langue, une autre langue que l’anglais ! Connaissez vous le nombre de classe que cela concerne en Meuse ! A notre connaissance, ce nombre est nul ! Alors un calcul savant nous permet de déduire le nombre de classe bilangue avec la réforme. Et si vous comprenez bien, cela facilitera aussi le recrutement de professeur connaissant la langue de Goethe pour les principaux, puisqu’il n’y aura pas besoin de se préoccuper des bilangues ! L’argumentaire pourrait être encore bien long, mais pas la peine d’aller bien loin, la presse allemande a déjà bien compris à quel point les effets d’annonce du gouvernement ne sont pas en adéquation avec ce monde moderne. Le pragmatisme allemand a permis de mettre en évidence très facilement l’art verbal français. Sachant que d’ici quelques années, il faudra 7 millions d’étrangers en Allemagne pour pouvoir faire fonctionner leur économie, ne serait-ce pas intéressant d’y avoir quelques travailleurs français ?
Les traducteurs français – allemand seront-ils systématiquement allemand à chaque sommet européen dans l’avenir ?

Voilà l’argumentation pourrait être plus longue mais l’idée principale est méfiez vous de l’enrobage, cette réforme est une économie de moyens à peine masquée et à plus ou moins brève échéance. Ceci n’exclut en rien le fait que de nombreuses personnes aient fourni un travail considérable sur l’adaptation des programmes par exemple, mais l’utilisation faite de ce travail est désastreuse, le collégien est loin d’être la préoccupation première de cette réforme.

La FCPE 55 ne prétend pas détenir la vérité, rien que la vérité, mais c’est son analyse à travers les informations reçues et pour ce qui est possible de retranscrire par écrit ainsi.

Quant aux dernières phrases de la Ministre signifiant qu’elle a 67 millions de personnes qui ont un avis sur cette réforme. Il faudrait plutôt qu’elle s’en félicite, cela signifie que les Français attendent beaucoup de son ministère et de cette réforme. Si son ministère ne peut pas tout, c’est aussi à elle de nous prouver que la voie envisagée est la bonne et cela demande un raisonnement bien plus développé que les phrases chocs utilisées en ce moment.

Nous attendons réellement que les prochains arguments développés permettront de mettre à mal notre raisonnement et qu’on pourra alors vivre une réforme des collèges sereinement et apportant vraiment un plus à nos enfants.

En attendant, au prochain Conseil Départemental de l’Education Nationale , c’est fort de ce constat, que nous demanderons aux instances de l’Education Nationale de nous démontrer en quoi l’application de cette réforme sur notre territoire rural n’engendrera ni la fin des langues anciennes ni la fin des classes bilangues.


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15 commentaires sur “La réforme des collèges

  • Arquillière

    MERCI de me redonner confiance dans La FCPE parce qu’au niveau national, c’est à désespérer. Heureuse également de voir que toute la FCPE n’est pas à la solde du ministère!

    • fcpe55 Auteur du billet

      Merci à vous pour votre message.
      Notre conseil départemental a décidé d’assumer une position différente du national pour de nombreuses raisons. La première est que sur notre territoire, cette réforme va renforcer les inégalités et en définitif ne pas atteindre les buts annoncés de cette dernière. Pourtant, une réforme est nécessaire, nous espérons bien voir celle-ci modifiée suffisamment pour assurer un enseignement de meilleur qualité.
      Ensuite, nous pensons que ce qui est vrai sur notre territoire est vrai dans d’autres territoires et nos collègues ne peuvent pas ne pas voir les problématiques. Certains conseils départementaux ont d’ailleurs affirmé être dans des positions assez proche.
      Quant à la position de la FCPE nationale, nous sommes persuadés qu’elle va évoluer, cela fait tellement longtemps qu’on attend une réforme du collège qu’ils ont vu les éléments positifs de cette réforme, car il y en a, et n’ont pas suffisamment analysé les autres conséquences. Et à leur décharge, il faut du temps pour décortiquer les mécanismes et les rouages ou être vraiment imprégné du milieu enseignant.
      Il faut aussi voir que les “intellectuels” et politiciens contre la réforme n’exposent pas les bonnes raisons de leur positionnement contre. Cela paraît comme un débat politique, comme des attaques à l’encontre de la ministre mais pas d’étude du mécanisme, pas d’études des vrais intérêts des élèves. Alors quand vous avez de bonnes raisons pour être pour, cela vous renforce dans le fait que votre combat est juste.
      Et comme on le signale dans l’article, le ministère a occupé aussi une bonne part de notre équipe nationale sur un autre sujet qui nous tiens à coeur, il a fallu aussi gérer pour eux les histoires de pédophilies, bref de nombreuses affaires.
      Ils vont réagir, nous en sommes certain.

  • S. C.C.

    Merci pour cette position qui me permet de me dire que ça vaut la peine de rester à la FCPE. J’espère que les instances de mon département finiront également par ouvrir les yeux et que, collectivement, nous pourrons réagir avant l’adoption de la réforme.

  • Thierry BACHELET

    bravo pour cette analyse. Même si annoncée absconse, elle se boit comme du petit lait surtout quand on adhère à bien des propos. Elle révèle une connaissance fort poussée des mécanismes du monde de l’éducation nationale au delà du béotien parent d’élèves ! j’essaierai de reprendre cette base pour l’amender d’arguments complémentaires, mais je ne sais sous quelle forme pour rester lisible et ne pas effaroucher plus le régulateur!
    En attendant, elle contribuera aux échanges sur ce sujet au FCPE01 et dans nos conseils locaux.

  • Michel Jackowski

    Je ne suis pas d’accord avec ce point de vue. Je préfère largement les analyses de nos revues nationales de la FCPE qui ont comme base de réflexion des statistiques qui dépassent largement notre cadre national (PISA).

    L’école de la république doit traiter les enfants à égalité.

    Il faut arrêter ce système mis en place par la droite qui consistent à donner des moyens aux « bons » et aux autres… rien, puisqu’ils ne veulent pas travailler.

    Si on compare les moyens donnés aux bilangues, à l’allemand à 12 par classe, quels ont été les moyens donnés aux élèves en difficulté ?

    Si le latin est si important pour apprendre le français, pourquoi cela ne servirait pas aux élèves en difficulté ? Peut-être aux profs de rendre leurs cours plus intéressants aussi ? Mais pas avec leurs méthodes actuelles, j’en conviens (vous excuserez mon jugement un peu sévère. Il y a aussi des bons profs, comme il y a de bons militants).

    Nous avons la chance avec ce gouvernement de saisir cette opportunité de rendre notre système scolaire plus juste. Pas avec 150 000 jeunes sur le « carreau » comme actuellement. Pas un système où il est prouvé que nous reculons d’année en année (PISA). Ne changeons rien : Gardons nos bilangues, le latin pour 8 élèves par classe…

    Je suis de plus en plus d’accord avec cette réforme quand je vois actuellement nos politiques de droite (entre autre Bruno Lemaire) dénoncer la dégradation de l’école publique. 80 000 postes supprimés, pendant ses 10 année aux affaires, c’est quoi ? du massacre ?

    Pour compléter le débat, je vous invite à lire cette analyse d’un étudiant étranger qui dénonce ce système qui favorise la compétition au sein de l’école et les conséquences que cela génère dans la construction de nos jeunes. http://www.almanacnews.com/news/2015/03/26/guest-opinion-on-school-stress-students-are-gasping-for-air

    Profitons de l’école pour apprendre à nos enfants à vivre ensemble, à vivre avec nos différences. Laissons cela aux écoles privées, à la PEP. Pas nous la FCPE.

    Liberté, Egalité, Fraternité sont les valeurs de notre pays.
    Vive la France, et Vive la FCPE.

    • fcpe55 Auteur du billet

      Attention de ne pas nous assimiler aux politiciens qui se sont emparés de cette réforme pour d’autres raisons. De même, nous sommes bien favorable à une réforme qui est nécessaire mais pas celle-ci puisqu’elle provoquera d’autres soucis… Le problème principal, c’est que ce débat aurait dû être mené au seing de la FCPE et ne pas être alors affiché ici.

      • Michel Jackowski

        Le C.S.E. a rendu un avis positif sur la réforme du collège, par 51 voix pour le décret face à 25 votes contre et une abstention.
        Je ne vous rappellerai pas qui compose ce comité.

        • fcpe55 Auteur du billet

          Certes. Voteriez vous contre votre travail ou contre un travail issu de vos propres travaux ? Enfin, il y a aussi des choses biens dans cette réforme et il y a également, pour beaucoup d’entre eux, la volonté de réformer avant tout dans la crainte de rester à la situation actuelle sinon. Sentiment que je partagerais certainement si j’étais dans cette position, mais là je ne parle plus au nom de tous les membres de la fcpe 55.
          Wirtz Sébastien

  • philippe

    Ancien président départemental FCPE je retiens une chose; En fait vous criez Haro sur cette réforme car selon vous, étant d’un département rural elle ne pourrait être applicable qu’a minima, donc forcément négative. Mais si on la lit bien cette réforme propose justement une réorientation des moyens pour les mettre à la disposition de tous, ce qui me parait un grand changement. Faire travailler l’ensemble des professeurs autour du bloc de compétence va permettre enfin à la transversalité éducative de s’exprimer.mais pour cela évidemment il va falloir que certaines castes professorales se bougent le cul.(surtout quand vous faites références au site www. neoprof.org,) c’est édifiant. je n’apprécie pas Paul Raoult et je me suis frontalement et violemment opposé à une époque pas si lointaine à Hazan, Partula , Blanc et consort. Et là on assiste à la descente en flamme d’une réforme car on est contre Paul Raoult( toujours selon le site neoprof) – alors qu’il est peanuts dans ce projet-. C’est une vendetta des plus malsaines.

    Et oui les classes billangues ont toujours été des classes élitistes, il ne faut pas se voiler la face. un jour en collège je me suis élevé contre le coût extravagant d’un voyage en Allemagne organisé dans mon collège au profit de 25 élève billangue Allemand. ( sur 750 élèves). ( a noter au passage que tous les autres profs étaient d’accord avec moi, mais pour ne pas pénaliser leurs propres voyages ils ont voté pour)
    Le principal m’a pris à part en m’expliquant que l’organisation de ces voyages étaient un impératif pour sauver l’enseignement de l’allemand dans son collège. Aberrant non!…… Et quand je vois que la justification que vous donnez pour le maintient des classes billangues c’est de pouvoir alimenter le marché du travail allemand, il faut se demander ou passe le sens éducatif cher aux valeurs de la FCPE.
    Enfin je viens d’écouter des bribes du discours de Nicolas Sarkozy qu’il a fait hier sur ce sujet. On est en prise directe avec la” Manif pour tous”. Il met au pilori Najat comme ils ont fait avec Taubira. On a traité honteusement celle ci de singe, traitera t’on celle-là d’arabe?. ( pour le moment il ne l’a traité que d’anti républicaine, et oui ce sont eux les républicains maintenant……)

    Etre contre une réforme est on ne peut plus facile, vous dites vous même que vous y êtes favorable. mais concrètement à par hurler avec les loups , vous proposez quoi vous…………………………………

    • fcpe55 Auteur du billet

      Bonjour Philippe, je suis dépité par l’interprétation que vous faites de notre position. Vous avez été président départemental donc vous devriez savoir que la position d’un cdpe ne se base pas contre un homme. Je vous invite à m’appeler au 07 52 62 08 22. Vous nous prêtez des intentions qui ne sont pas les nôtres. En plus vous nous assimilez à des politiciens et cela est inacceptable !

  • Frédéric DREVET

    Bonjour,
    Je suis professeur de technologie en collège et dans cette réforme personne ne parle du sort qui nous est réservé et pourtant…
    Lors du dernier changement de programme en 2008 nous avons perdu les groupes allégés (sauf un reste en 6eme), la fabrication individuelle mais aussi l’apprentissage du traitement de texte et du tableur entre autres qui étaient le cœur de celle-ci (Technologie en tant que science des techniques)
    Les élèves se sont donc retrouvés avec des travaux de recherches en 5 ou 6 ilots en classe entière et quand vous mettez 5 ou 6 élèves autour d’une table tout le monde sait bien qu’ils vont “spontanément” s’atteler à la tâche.
    Bref on nous parle maintenant de matière rébarbative ou les élèves s’ennuieraient.
    La technologie va disparaitre progressivement (pas de remplacement ni de recrutement) déjà en 6ème 3 matières svt physique et technologie pour 3h à la mode de l’eist (enseignement intégré des sciences et des techniques) qui doit permettre à 1 des ces trois professeur d’enseigner ces 3 matières ??? mais surtout de donner de la souplesse sur les postes
    pas assez de prof de techno pas grave on peut les remplacer en 6ème.
    Voilà c’est mon point de vue partagé aussi par l’association pagetec dont je fais partie.
    http://www.pagestec.org/spip/
    Cordialement
    M. DREVET